Masters 1000 de Rome | “Contre Jannik Sinner, tu as l’impression que ça va très, très vite” : Arthur Fils veut monter la cadence

Que faire pour ne pas que Fils devienne un Zverev résigné ?

Video credit: Eurosport

Avec un titre à Barcelone, une finale à Doha et deux demi-finales en Masters 1000, Arthur Fils a réussi un tonitruant retour sur le circuit après en avoir été éloigné huit mois pour soigner son dos. Des matches utiles pour le N.1 français. Après autant de temps éloigné du très haut niveau mondial, il avait besoin de mesurer ce qui le sépare encore des cadors : la cadence de jeu.

Pour préparer son entrée en lice dans le Masters 1000 de Rome contre l’Italien Andrea Pellegrino (155e) samedi, Fils a croisé le fer en milieu de semaine avec l’un des maîtres du Foro Italico, Novak Djokovic, vainqueur à six reprises sur la terre battue romaine. “Quand on voit à la vitesse à laquelle il joue, c’est toujours important avant un tournoi de jouer à cette cadence-là, ils sont très peu à pouvoir la tenir. Plus je peux m’entraîner avec les meilleurs, mieux c’est pour moi“, s’est réjoui Fils.

Si partager un court avec l’ancien N.1 mondial, vainqueur de 24 titres en Grand Chelem, est “un honneur“, Fils, 21 ans, prend ces séances d’entraînement comme un révélateur du chemin qu’il lui reste à faire pour rejoindre le gotha mondial d’ici Roland-Garros (24 mai-7 juin). Et pour le reste de sa carrière. Quand bien même, sous le regard de quelques centaines de curieux venus observer le Serbe et le Français, c’est ce dernier qui a remporté le set d’entraînement.

Mais cette manche remportée 6-2 sur les courts romains ne vaut pas grand-chose en comparaison aux véritables duels joués contre le gratin mondial. En la matière, le N.1 mondial Jannik Sinner l’a tout fraîchement surclassé 6-2, 6-4 en demi-finales du Masters 1000 de Madrid. Une partie qui a profondément marqué Arthur Fils. Car il ne s’agit pas de progression tennistique ou de technique pure, mais aussi d’entrer mentalement dans la cour des grands, s’y habituer. Réaliser que lui aussi a sa place dans le club très select des hommes capables de remporter les grands rendez-vous du circuit.

Je peux progresser sur mon service bien sûr, sur plein de choses, mais je dois surtout m’habituer à jouer à cette cadence, a analysé Fils. Au premier set (contre Sinner), je n’ai pas l’habitude et tu as l’impression que cela va très, très vite. Après au deuxième (set) quand tu commences un peu à te mettre dans le match, tu te dis ‘En fait, je peux jouer’“, a-t-il rembobiné.

Même monstrueux, Sinner a-t-il raison d’aller à Rome ?

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S’il pointe à la 4e place à la Race, le classement de la saison 2026, Fils touche ses limites actuelles lorsqu’il rencontre des joueurs du Top 10 mondial, contre qui il a concédé cinq de ses six défaites de l’année, l’exception étant le Tchèque Jiri Lehecka, alors 22e au classement ATP, en demi-finales à Miami. “Contre ces champions, pour pouvoir rivaliser, il faut être présent dès le premier point. Le premier set, il faut le jouer. Il faut vraiment que j’améliore la cadence“, a insisté celui qui a fait son retour cette semaine dans le top 20 mondial (17e), tout près du meilleur classement de sa carrière (14e en avril 2025).

Fils adore la bagarre

Si l’apport de Goran Ivanisevic, l’un de ses entraîneurs avec Ivan Cinkus, peut être précieuse, Fils est conscient qu’il ne peut pas tout attendre de l’ancien N.2 mondial qui a travaillé pendant six ans avec Djokovic. “C’est à moi de faire les efforts. En match, je suis assez confortable quand je suis loin derrière ma ligne, je frappe le coup droit lourd. Il faut que je me rapproche de ma ligne, il faut que je frappe fort, que je bouge très vite. Ce n’est pas forcément quelque chose que j’aime, mais il faut repousser ses limites et pouvoir le faire contre les meilleurs”, a-t-il reconnu.

Fils pourrait rapidement évaluer ses progrès : si la logique est respectée, il pourrait retrouver dès les 8es de finale Sinner, le grandissime favori de la quinzaine romaine en quête du dernier Masters 1000 qui manque à son palmarès. Un rendez-vous qui, quoi qu’il arrive, permettrait au Français de progresser encore un peu.

L’avantage à Rome, avec le forfait de l’Espagnol, c’est que la voie s’est ouverte. “À l’époque du big 3 ou big 4, pour aller gagner un titre, les joueurs étaient capables de battre Federer ou les autres. Mais ce qui est dur pour gagner un Grand Chelem, il faut en battre deux ou trois“, a lâché notre consultant Arnaud Clément au micro de Retour gagnant. Dans la capitale italienne, il n’y y aura qu’un seul indestructible à abattre. Mission extrêmement difficile, mais pas impossible. D’autant qu’à 21 ans, Fils est encore bien loin de la position victimaire et de la résignation à l’échec contre les intouchables Sinner et Alcaraz.

“S’il continue dans cette voie, il peut trouver des clés”

Cette faim d’aller chercher les grands, il la partage avec la nouvelle génération montante. “Un Arthur Fils, un Blockx vont essayer des choses différentes parce que ce n’est pas passé la fois d’avant. (…) Pour avoir le sentiment d’avoir tout fait“, assure Arnaud Clément. “Pour l’instant, face à ces joueurs-là, Arthur est toujours inférieur. On parle depuis longtemps du fait qu’il faudrait un troisième (pour challenger Sinner et Alcaraz), insiste l’ex-N.10 mondial. Fils en est encore loin, mais c’est celui qui a la plus forte progression. (…) S’il continue dans cette voie et dans la progression qu’il peut avoir dans tous les secteurs du jeu, en les affrontant, il peut trouver des clés.”

S’il est revenu de sa pause forcée avec quelques kilos en moins pour ménager son dos, Fils n’a pas perdu sa rage de vaincre, qu’il signe désormais sur les caméras des diffuseurs des tournois des lettres GABOS pour Game Ain’t Based On Sympathy (littéralement : ce sport ne repose pas sur la compassion). “J’adore être dans la bagarre, j’adore être dans le combat“, a rappelé celui qui assure “n’avoir jamais douté“, lorsqu’il était éloigné du circuit.

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